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Biographie

Louis de Funès, de son nom complet Louis Germain David de Funès de Galarza, est un acteur français né le 31 juillet 1914 à Courbevoie (Seine) et mort le 27 janvier 1983 à Nantes (Loire-Atlantique).
Ayant joué dans plus de 140 films, il est l’un des acteurs comiques les plus célèbres du cinéma français de la seconde moitié du xxe siècle et le champion incontesté du box-office français des années 1960 et 1970, attirant plus de cent cinquante millions de spectateurs dans les salles1.
Après presque vingt ans sur les planches et devant les caméras dans de nombreux seconds rôles, il impose son personnage de Français moyen impulsif, râleur, au franc-parler parfois dévastateur, à la fin des années 1950 dans La Traversée de Paris. Suivra une suite de succès populaires parmi lesquels la saga du Gendarme de Saint-Tropez (1964-82), la Trilogie Fantômas (1964-67), Le Corniaud (1965), La Grande Vadrouille (1966), Oscar (1967), La Folie des grandeurs (1971), Les Aventures de Rabbi Jacob (1973) et L’Aile ou la Cuisse (1976).
Outre la France, les films de Louis de Funès ont connu une grande popularité dans divers pays européens, comme l’URSS2, l’Italie ou le Royaume-Uni3.
Il a également adapté quelques scénarios au cinéma et coréalisé un film, L’Avare, en 1980.
Une famille exilée[modifier]
Né à Courbevoie le 31 juillet 1914, Louis de Funès est le troisième enfant de Carlos Luis de Funès de Galarza (1871 – 19 mai 1934, Málaga)4 et Leonor Soto y Reguera (21 janvier 1878, Ortigueira – 25 octobre 1957, Montmorency), arrivés d’Espagne en 1904 après que son père eut enlevé sa mère, la famille de celle-ci s’opposant à leur union5.
Ses deux aînés sont Marie (Maria Téolinda Léonore Margarita), née à Courbevoie le 20 juillet 1907, veuve de Pierre de Quillacq, remariée puis divorcée de François Gir, et morte à Paris IIe le 28 octobre 1993, et Charles (Carlos Téolindo Javier), né à Courbevoie le 12 septembre 1908 et mort à Rethel en 1939, « fauché par une mitrailleuse allemande »4.
Personnage un peu fantasque ( « Ah, papa, c’était un artiste ! […] il avait beaucoup d’humour, mais le quotidien ne l’intéressait pas »6), Carlos Luis de Funès de Galarza, qui ne peut plus exercer sa profession d’avocat depuis son installation en France, s’improvise diamantaire avant de partir plusieurs années au Venezuela, « dans l’espoir de faire prospérer ses affaires »6, d’où il revient rongé par la tuberculose avant de mourir seul en Espagne en 1934.
Leonor en revanche est le premier professeur de comédie de Louis :
« Il arrivait à ma mère de me courser autour de la table en criant “Yé vais té touer”. Dans sa façon d’être et d’agir, elle possédait, sans le savoir, le génie des planches7. »
Elle lui donne également ses premières leçons de piano à l’âge de 5 ans8. Louis de Funès passe toute son enfance à Villiers-sur-Marne (Seine-et-Oise), où il fréquente l’école Jules-Ferry.
En 1930, à 16 ans, après des études secondaires moyennes au lycée Condorcet et sur les conseils de son frère devenu fourreur, Louis de Funès entre à l’École professionnelle de la fourrure, située près de la place de la Bastille, mais il en est renvoyé pour chahut6. Il travaille ensuite chez plusieurs fourreurs, exerce successivement différents métiers, mais, à cause de ses renvois systématiques et par lassitude de ses frasques professionnelles, ses parents l’inscrivent en 1932 à l’École technique de photographie et de cinéma, située à deux pas de son domicile, où il choisit la section cinéma9. Dans les cours, il a notamment pour condisciple Henri Decaë qui fut, bien plus tard, directeur de la photographie sur plusieurs de ses films.
« Louis de Funès était quelqu’un qui n’était pas expansif à la ville. Chaque fois que nous nous rencontrions pour un nouveau film, il me redisait quelques formules chimiques apprises à l’ETPC vingt ou trente ans auparavant, en 1933, dont ce nom de produit qui le faisait hurler de rire, « hyposulfide de soude ». Ceci en imitant le professeur strict qui nous en enseigna les propriétés… C’était comme une connivence entre nous !10 »
— Henri Decaë
Finalement, il est renvoyé pour incendie volontaire11.
Commence alors un cycle de périodes de chômage et d’emplois d’où il finit toujours par se faire renvoyer12. « Après avoir abandonné ses études secondaires, mon père avait exercé toutes sortes de petits métiers. Je me demande s’il ne les enjolivait pas un peu dans ses interviews car à la maison il n’en parlait jamais », expliquera son fils Olivier de Funès12. En 1936, il épouse sa première femme, Germaine Louise Élodie Carroyer (Paris, 7 mars 1915 – Clermont, 28 septembre 2011). Un enfant naît de cette union en 1937, Daniel de Funès, mais le couple se sépare très vite, même si le divorce n’est prononcé qu’en 1942.
Bientôt, Louis commence à se faire engager comme pianiste de bar et rencontre Eddie Barclay13 : « Louis de Funès, comme moi, ne déchiffrait pas la musique. Il avait de l’oreille. C’était un excellent musicien. Il ne parlait pas un jour d’être comédien »14. Il joue dans un grand nombre d’établissements, enchaînant des soirées de douze heures, payé à la coupelle ou touchant un cachet de misère15. Le cinéaste Georges Lautner se souvient :
« Je l’ai rencontré en 1942 lorsqu’il était pianiste à la Madeleine. Dans un bistrot à Bagatelle, il tenait le piano à 4 mains avec l’inspecteur. Lorsque ce dernier jouait seul, de Funès montait sur le piano et chantait. »
— Georges Lautner
. Il se servira de cette capacité dans certains de ses films, tels que La Rue sans loi, Frou-Frou, Le Corniaud, La Grande Vadrouille, Le Grand Restaurant ou encore L’Homme orchestre.
Débuts de comédien[modifier]
En 1942, à l’âge de 28 ans, il décide de devenir comédien, et s’inscrit au cours Simon, réussissant son concours d’entrée grâce à une interprétation d’une scène des Fourberies de Scapin, de Molière16. Même s’il n’y fait qu’un court passage17, il croise dans le cours d’autres apprentis comédiens, comme Daniel Gélin, qui lui permet de débuter plus tard dans la pièce L’Amant de Paille, de Marc-Gilbert Sauvajon.
« Un hasard prodigieux. Je descendais d’un wagon de première dans le métro et Daniel Gélin, déjà croisé au cours René-Simon, montait dans un wagon de seconde. La porte allait se refermer lorsqu’il me crie : « Téléphone-moi demain. J’ai un petit rôle pour toi16 ». »
— Louis de Funès
Daniel Gélin donnera cependant une version un peu différente de leur rencontre sur le quai de métro dans son autobiographie intitulée Deux ou trois vies qui sont les miennes. À côté de quelques petites figurations théâtrales, l’acteur se démène pour gagner sa vie grâce à ses activités de pianiste, donnant parfois des cours le jour, puis jouant la nuit à travers le Paris nocturne. En 1950, il est pianiste-comédien dans la troupe Les Burlesques de Paris de Max Révol dont fit partie Bourvil quelques mois plus tôt, lors d’une tournée au Québec. Funès se remarie en 1943 avec Jeanne Augustine Barthélemy, nièce du comte Charles Nau de Maupassant, ils habitent un petit deux pièces au 42, rue de Maubeuge. En 1944, il a un deuxième fils, Patrick, et, en 1949, un troisième fils, Olivier, qui tiendra quelques rôles au côté de son père, au cinéma comme au théâtre.
En 1945, toujours grâce à Daniel Gélin, que Funès surnommait « Ma Chance » lorsqu’il le croisait18, il débute au cinéma dans La Tentation de Barbizon, de Jean Stelli. Dans un petit rôle du portier du cabaret « Le Paradis », il prononce sa première réplique à l’écran en voyant un client interprété par Pierre Larquey qui essaye de passer à travers une porte fermée : « Ben, il a son compte celui-là, aujourd’hui ! ». Ce rôle est le départ d’une course à la participation dans des productions cinématographiques, l’acteur enchaînant silhouettes, figurations et petits rôles. Quelquefois, il incarne même plusieurs personnages dans un même film, comme pour Du Guesclin, de Bernard de Latour, en 1948, où il tient tour à tour le rôle de mendiant, chef de bande, astrologue, seigneur.
Une irrésistible ascension[modifier]
Au début des années 1950, Sacha Guitry lui confie plusieurs petits rôles, notamment dans La Poison (1951), Je l’ai été trois fois (1952), Si Paris nous était conté (1955) et surtout La Vie d’un honnête homme (1953) où il a un rôle un peu plus consistant de valet de chambre « obséquieux et fourbe, presque inquiétant l’espace d’un plan »19. Dans ce film, son personnage s’affine un peu plus – « il apparait “au naturel”, sans grimace ni moustache »19 – et il est associé pour la première fois à Claude Gensac. En 1952, il rejoint la troupe des Branquignols dirigée par Robert Dhéry, bien que les circonstances de la rencontre entre Louis de Funès et Robert Dhéry varient considérablement en fonction des auteurs. Il débute d’abord dans la revue Bouboute et Sélection. « En 1952, mon père jouait La Puce à l’oreille de Feydeau […]. À la fin de la représentation, mon père courait au petit théâtre Vernet […] pour apparaître dans le premier sketch de Bouboute et Sélection […] puis, il reprenait le métro pour rejoindre le cabaret où il incarnait un clochard », explique-il20, puis dans Ah ! les belles bacchantes en 1953. Cette revue obtient un grand succès – deux années de représentations – et contribue à le faire connaître. De plus, intégré dans une troupe dédiée au comique, l’acteur va perfectionner sa technique et explorer des facettes de son talent jusque-là délaissées. On le retrouve l’année suivante dans l’adaptation à l’écran du spectacle, Ah ! les belles bacchantes de Jean Loubignac, qui est son premier film en couleurs, le film La Reine Margot de Jean Dréville, tourné avant ce film, sort en salle après. Cette même année, il joue face à Fernandel dans Le Mouton à cinq pattes d’Henri Verneuil et pour la première fois face à Bourvil dans Poisson d’avril de Gilles Grangier. Jean-Paul Le Chanois, après lui avoir confié deux petits rôles dans Sans laisser d’adresse (1951) et Agence matrimoniale (1952), lui offre le second rôle de M. Calomel dans la comédie populaire à succès Papa, maman, la bonne et moi (1954) et sa suite Papa, maman, ma femme et moi (1956).
En 1956, il obtient un début de reconnaissance au cinéma dans La Traversée de Paris, de Claude Autant-Lara, où il joue l’épicier Jambier. Il s’impose avec force face à Jean Gabin et Bourvil, dans une prestation de quelques minutes au cours de laquelle il dessine en quelque sorte son futur personnage : lâche devant « le fort » (Jean Gabin) et colérique devant « le faible » (Bourvil). Même si le film a atteint aujourd’hui le statut de film culte, il connaît à sa sortie un succès public pour son « discours continûment ambivalent »21. Dès l’année suivante, Maurice Regamey lui offre son premier rôle principal dans Comme un cheveu sur la soupe. Son interprétation d’un compositeur suicidaire vaut à l’acteur le Grand Prix du Rire 1957, sa première récompense et le film, « petite production sans prétention, qui aurait dû passer inaperçue, […] tient l’affiche de très longues semaines. »22. Toujours en 1957, il est la tête d’affiche de Ni vu… Ni connu…, d’Yves Robert, dans le rôle du braconnier Blaireau. Accompagné de son chien « Fous le camp », cet « avatar rural de Guignol »23 brave toutes les formes d’autorité et finit toujours par échapper au garde-chasse. Le film est un beau succès à sa sortie et vaut à l’acteur quelques articles laudateurs dans la presse, à l’instar de l’hebdomadaire France Dimanche, qui, dans son numéro du 20 septembre 1957, titre à la une : « Louis de Funès, l’acteur le plus drôle de France »24. On le retrouve encore dans un rôle principal en 1958 dans Taxi, Roulotte et Corrida, d’André Hunebelle, tourné en Espagne, qui connaît un certain succès avec 2,542 millions d’entrées. Pourtant, la progression de sa carrière au cinéma marque une pause, et l’acteur va retourner à des films ou des rôles moins importants pour quelque temps.
Deux rôles décisifs[modifier]
C’est d’abord au théâtre que la carrière de Louis de Funès va connaître une nouvelle accélération. Depuis ses débuts, l’acteur ne s’est jamais éloigné des planches et il reprend notamment, en 1957, aux côtés de Danielle Darrieux et Robert Lamoureux, le rôle créé par Raimu dans Faisons un rêve de Sacha Guitry. Le biographe de l’auteur, Jacques Lorcey, note :
« Ce sera la dernière grande joie de notre Sacha [Guitry]. […] Ce succès, obtenu par des vedettes tellement différentes des créateurs lui apporte la certitude que son théâtre lui survivra25. »
— Jacques Lorcey
En septembre 1959 pour les tournées Karsenty, il débute les répétitions d’Oscar, une pièce de Claude Magnier créée à Paris en 1958 avec une distribution qui comprenait Pierre Mondy et Jean-Paul Belmondo. À partir du 1er octobre, commencent les cent jours d’une tournée qui va le conduire dans les provinces françaises et le Maghreb. Le succès est tel qu’on lui propose de reprendre la pièce à Paris en janvier 1961. D’abord hésitant pour cette reprise parisienne, il accepte finalement26. La pièce est un énorme succès et sur scène, il multiplie les improvisations et les prouesses physiques. Pierre Mondy, le créateur du rôle repris par de Funès, constate que « Louis [de Funès] était carrément génial dans Oscar. Génial d’invention, de burlesque. Il avait amélioré le rôle »27. L’acteur reprendra « ce rôle fétiche » dans l’adaptation cinématographique de la pièce réalisée par Édouard Molinaro en 1967, puis à nouveau sur scène au début des années 1970 dans une mise en scène de Pierre Mondy.
En parallèle, il continue à tourner. On le retrouve par exemple en 1961 dans un petit rôle de barman dans Le crime ne paie pas, le troisième film réalisé par Gérard Oury. Lors du tournage, alors qu’il tient le seul rôle comique du film, Louis de Funès essaie de convaincre le réalisateur qu’il est fait pour tourner des films comiques : « Quant à toi, tu es un auteur comique, et tu ne parviendras à t’exprimer vraiment que lorsque tu auras admis cette vérité là »28. L’année suivante, il incarne un restaurateur colérique et cupide face à Jean Gabin dans Le Gentleman d’Epsom de Gilles Grangier. En 1963, il retrouve la tête d’affiche avec Pouic-Pouic, l’adaptation par Jean Girault de la pièce de boulevard Sans cérémonie, qu’il avait écrite avec Jacques Vilfrid. Louis de Funès avait participé à la création de la pièce en 1952 – il tenait le rôle du maître d’hôtel incarné par Christian Marin dans le film – mais la pièce n’avait pas connu le succès. Finalement, malgré cet insuccès et les difficultés rencontrées par le réalisateur auprès des producteurs pour monter le projet autour de Louis de Funès29, ce film permet à l’acteur de retrouver un large public et marque le départ de la seconde partie de sa carrière qui ne verra plus sa popularité fléchir.
Dans Oscar comme dans Pouic-Pouic, Louis de Funès incarne un homme aisé et irascible, ayant des difficultés avec sa progéniture : il décline son « personnage fétiche inspiré du Pantalon » de la commedia dell’arte30. Il a alors créé son personnage comique : colérique, autoritaire, grimaçant, tout en énergie et « a gommé certaines outrances qui le parasitaient dans les années 1950 »31.
La consécration[modifier]
Pouic-Pouic où il incarne un boursicoteur harcelé par les histoires de famille et les péripéties domestiques, marque aussi le début de la collaboration entre Louis de Funès et le réalisateur Jean Girault, également musicien32, qui le fera jouer dans douze films, les 6 films de la série des Gendarmes, Pouic-Pouic (1963), Faites sauter la banque ! (1963), Les Grandes Vacances (1967), Jo (1971), L’Avare (1980) et La Soupe aux choux (1981). Après Faites sauter la banque ! en 1964, dans lequel il prépare en famille le braquage d’une banque, ils tournent ensemble, malgré les réticences des producteurs, qui auraient préféré Darry Cowl ou Francis Blanche33, le premier volet de la série des Gendarmes, Le Gendarme de Saint-Tropez, qui rencontre un succès considérable et installe l’acteur en haut du box-office pour la première fois. À peine deux mois plus tard, il triomphe à nouveau dans le rôle d’un représentant de l’ordre dans Fantômas. Dans ce film construit sur la double composition (Fantômas/Fandor) de Jean Marais comme premier rôle, il transfigure son personnage de réplique comique et en devient la vedette en éclipsant ses partenaires. Pendant que les succès populaires s’accumulent, en 1965, il tourne Le Corniaud, avec un rôle d’homme d’affaires louche, réalisé par Gérard Oury, où il partage l’affiche avec Bourvil. La sortie du film en mars 1965 est un nouveau triomphe (près de 12 millions de spectateurs). En 1966, il apparaît dans Le Grand Restaurant. La même année il joue un rôle de chef d’orchestre tyrannique dans la France de l’occupation dans La Grande Vadrouille, de nouveau avec Bourvil comme partenaire et Gérard Oury comme réalisateur. Le film connaît un succès colossal et a longtemps détenu le record du plus grand nombre de places de cinéma vendues en France (plus de 17 millions de spectateurs). Il est aujourd’hui le cinquième derrière Titanic (1998), de James Cameron, Bienvenue chez les Ch’tis (2008), de Dany Boon, Blanche-Neige et les Sept Nains de Walt Disney et Intouchables (2011), de Olivier Nakache et Eric Toledano. La Folie des grandeurs de Gérard Oury doit marquer les retrouvailles de Louis de Funès et de Bourvil, mais la mort de ce dernier faillit interrompre le projet. Simone Signoret suggère alors le nom de Yves Montand à Oury34, qui perçoit le potentiel du duo, après quelques adaptations :
« J’avais conçu pour Bourvil un rôle de valet de comédie genre Sganarelle. Montand sera plus proche de Scapin35. »
— Gérard Oury
Néanmoins, le film est un grand succès avec plus de 5,5 millions d’entrées.
Retour au théâtre[modifier]

Le château de Clermont, acquis par le couple de Funès en 196736.
Fin novembre 1971, au théâtre du Palais-Royal, il reprend Oscar, qu’il joue presque chaque soir jusqu’à septembre 1972 avec une interruption pendant l’été (Oscar est jouée plus de 400 fois). À partir de mars 1973, il s’investit énormément dans le tournage des Aventures de Rabbi Jacob qui sort le 18 octobre de la même année. C’est un nouveau triomphe, plus de 7 millions de spectateurs. Le lendemain, Louis de Funès est à nouveau sur les planches à la Comédie des Champs-Élysées, pour ce qui fut sa dernière apparition au théâtre. Jusqu’au 25 avril 1974, il joue presque 200 fois la pièce de Jean Anouilh, La Valse des toréadors. À partir de là, il se repose au château de Clermont où le couple de Funès est souvent allé en vacances car il était la propriété du comte de Maupassant, époux de la tante de Jeanne de Funès qui, malgré son homonymie, n’a aucun lien de parenté apparent avec l’écrivain Guy de Maupassant. À la mort de sa tante, Jeanne hérite de la moitié du château. Après négociations avec les autres héritiers, le couple put acquérir le château en 1967, alors qu’il était inhabité depuis 6 ans36, situé au Cellier en Loire-Atlantique ; il jardine beaucoup et refuse d’entreprendre quoi que ce soit en prévision du tournage très physique du prochain film de Gérard Oury. Dans Le Crocodile, dont le premier tour de manivelle est prévu pour mai 1975, il doit jouer le rôle d’un dictateur sud-américain, « un petit colonel cupide, teigneux, couard avec des faiblesses : le fric, sa femme, son fils »37.
Une santé précaire[modifier]

Lors du tournage du film Le Gendarme et les Extra-terrestres.
Le 21 mars 1975, alors que de Funès est au théâtre en représentation pour la pièce La Valse des toréadors, il ressent une douleur dans le bras38,39. Il a alors une tension artérielle qui préoccupe ses proches38,39. Le 30 mars, après avoir ressenti quelques jours avant une douleur à la poitrine, celui-ci est admis à l’hôpital Necker, où les douleurs reprennent38,39. Les médecins diagnostiquent à ce moment un infarctus38,39. Cela l’entraine à stopper les représentations de la pièce de théâtre et la préproduction du film Le Crocodile qui est très avancée38. Il doit ralentir son rythme de travail et renonce définitivement à sa carrière théâtrale, incompatible avec son état40. Sa carrière au cinéma est aussi compromise car outre sa condition physique amoindrie, les risques de rechute font que les assureurs ne veulent plus prendre le risque de le couvrir pour un film. Déterminé, le producteur Christian Fechner réussit finalement à obtenir un accord pour une assurance de deux semaines et prend le risque de produire L’Aile ou la Cuisse avec seulement une petite partie du tournage assurée8. Lorsque le film sort le 27 octobre 1976, le public français plébiscite son retour – presque six millions d’entrées – aux côtés de Coluche.
Louis de Funès réapparaît donc à l’écran amaigri, mais son médecin est toujours sur le plateau, ainsi qu’une ambulance. Il continue à tourner mais à un rythme beaucoup moins soutenu qu’à ses débuts, comme La Zizanie avec Annie Girardot en 1978 ou Le Gendarme et les Extra-terrestres en 1979.

Tombe de Louis de Funès au Cellier
En 1980, il réalise un vieux rêve : adapter au cinéma une pièce de Molière et en réaliser une version à son image. C’est ainsi que L’Avare arrive sur les écrans de cinéma, mais ne rencontre qu’un modeste succès (en 1964 déjà, il avait enregistré sur un disque 33 tours 6 textes de pièces de Molière, dont des extraits de L’Avare, et 10 fables de Jean de La Fontaine). Cette même année 1980, il reçoit cependant un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, des mains de Jerry Lewis.
Plus tard, un de ses fils lui conseille de lire un roman de René Fallet intitulé La Soupe aux choux, qui, selon lui, a le potentiel pour pouvoir « faire un bon film ». Une adaptation au cinéma est tournée en compagnie de Jean Carmet et de Jacques Villeret.
Le Gendarme et les Gendarmettes est son dernier film. Le 27 janvier 1983, il est victime d’un nouvel infarctus, qui lui est fatal. Il est enterré au cimetière du Cellier le 29 janvier 1983.
Les ressorts de l’humour de Louis de Funès[modifier]

Les capacités de Louis de Funès à mimer et à faire des grimaces sont les principaux aspects de son humour. Le mime est pour lui essentiel pour ponctuer ses mots : « Quand on décrit une forme de bouteille avec ses deux mains, expliquait-il en joignant le geste à la parole, la bouteille est là, on la voit. Elle flotte un instant dans l’espace, même quand le geste est terminé. ». Il joue aussi beaucoup sur la répétition dans une scène de ses gestes ou paroles. De plus le ressort de son humour est aussi capté dans le caractère excessif des sentiments et émotions qu’il exprime, que ce soit la peur ou le désespoir – feint ou réel – de son personnage.
Il excelle en particulier dans l’expression de la colère : grognements, bruits de la bouche, gifles répétitives sur les autres personnages, grands gestes, etc. Ses rôles se prêtaient volontiers à ce jeu : ses personnages sont souvent hypocrites, antipathiques, sans être, la plupart du temps, méchants ou incapables de rédemption. Louis de Funès disait que rien ne le faisait plus rire, dans la vie courante, qu’une personne en engueulant une autre, sans que cette dernière puisse répliquer.
Sa petite taille (1,64 m41) contrastait avec celle de ses partenaires plus grands (Bourvil, Yves Montand) et ajoutait un autre élément comique au personnage.
L’art du déguisement[modifier]
Même s’il n’a pas souvent eu l’occasion d’y recourir dans les nombreux films auxquels il a participé, Louis de Funès portait volontiers des déguisements pour accentuer, parfois jusqu’à l’outrance, les situations comiques dans lesquelles il faisait évoluer ses personnages.
On peut retenir parmi tous ces déguisements : son déguisement en poète maniéré portant une perruque dans Le Grand Restaurant, en femme voilée, en général et en Thierry la fronde dans Le Gendarme de Saint-Tropez, en Chinois et en policier américain dans Le Gendarme à New York, en marin et en hippie dans Le gendarme en balade, en religieuse dans Le Gendarme et les Extra-terrestres, en gendarmette dans Le Gendarme et les Gendarmettes, en pirate, en évêque et en colonel de l’armée italienne dans Fantomas se déchaîne, en Ecossais portant le kilt et en fantôme dans Fantomas contre Scotland Yard, en marin hollandais dans Les Grandes Vacances, en kayakiste dans Le Petit Baigneur sans oublier les costumes de la Belle Époque dans Hibernatus, en mécanicien dans Le Corniaud, en soldat allemand au casque trop grand dans La Grande Vadrouille, en dame de la cour dans La Folie des grandeurs, en rabbin hassidique dans Les Aventures de Rabbi Jacob, en vieille femme, en Américain et en chauffeur dans L’Aile ou la Cuisse, en Harpagon dans L’Avare mais on retiendra avant tout son déguisement de gendarme dans La saga des gendarmes.
Des duos célèbres[modifier]
Le talent de Louis de Funès fonctionnait bien dans le cadre de duos réguliers ou occasionnels avec des acteurs très divers. Claude Gensac, connue pour le surnom que Cruchot lui donne dans la série des Gendarmes : « Ma biche », fut la complice féminine des personnages de Louis de Funès ; elle a souvent joué sa femme à l’écran. Louis de Funès a aussi beaucoup joué avec Michel Galabru, son supérieur dans la série des Gendarmes, en lui servant de faire-valoir burlesque. Plusieurs scènes de La Folie des grandeurs sont restées célèbres, comme le réveil avec les rimes en « or » ou le nettoyage des oreilles, et font tout de suite penser à Yves Montand. Louis de Funès a aussi joué de célèbres scènes avec Coluche dans L’Aile ou la Cuisse. Mais son duo le plus marquant est celui formé avec Bourvil dans Le Corniaud et surtout dans La Grande Vadrouille.
Il a aussi joué avec son fils, Olivier de Funès, dans Les Grandes Vacances, L’Homme orchestre, Le Grand Restaurant, Sur un arbre perché, Fantômas se déchaîne et Hibernatus. D’autres acteurs ont joué plusieurs fois avec lui, comme Bernard Blier (Les Hussards, Jo et Le Grand Restaurant), Jean Gabin (Le Tatoué, La Traversée de Paris et Le Gentleman d’Epsom), Jean Marais (Le Capitaine Fracasse, Fantômas, Fantômas se déchaîne et Fantômas contre Scotland Yard), Maurice Risch (Les Grandes Vacances, Le Grand Restaurant, La Zizanie et certains épisodes du Gendarme de Saint-Tropez), Michel Simon (La Vie d’un honnête homme)… Il fut également aux côtés de Fernandel dans Le Mouton à cinq pattes, Mam’zelle Nitouche et Boniface somnambule au cinéma (ils ne firent que se croiser dans La Vie à deux, et dans deux sketches différents du film à sketches Le Diable et les Dix Commandements), et sur disque dans Un client sérieux de Georges Courteline en 1954. Il a également joué avec le duo Guy Grosso et Michel Modo dans La série des Gendarmes ou encore Le Grand Restaurant et aussi dans des films où les deux acteurs jouent des rôles secondaires comme Le Corniaud, La Grande Vadrouille, etc.
Partenaires principaux[modifier]
Bernard Blier : Le Grand Restaurant, Jo et Les Hussards
Bourvil : Le Corniaud, La Grande Vadrouille, La Traversée de Paris, Poisson d’avril et Les Hussards
Jean Carmet dans La Soupe aux choux et Le Diable et les Dix Commandements
Coluche : L’Aile ou la Cuisse
Mireille Darc : Les Bons Vivants, Des pissenlits par la racine, Pouic-Pouic et Les Bons Vivants
Mylène Demongeot : la trilogie des Fantômas et Frou-Frou
Robert Dhéry dans Le Petit Baigneur, Ah ! les belles bacchantes et La Belle Américaine
Jean Gabin : Le Tatoué, La Traversée de Paris et Le Gentleman d’Epsom
Michel Galabru : Nous irons à Deauville, Le Gendarme de Saint-Tropez, Le Gendarme à New York, Le gendarme se marie, Le Gendarme en balade, Jo, Le Petit Baigneur, Le Gendarme et les Extra-terrestres, L’Avare, et Le Gendarme et les Gendarmettes
Claude Gensac : La Vie d’un honnête homme, Hibernatus, Jo, Le gendarme se marie, Le Gendarme en balade, L’Aile ou la Cuisse, Oscar, L’Avare, et Le Gendarme et les Gendarmettes ainsi que Les Grandes Vacances, La Soupe aux choux
Annie Girardot : La Zizanie
Robert Lamoureux : Papa, maman, la bonne et moi, Si Paris nous était conté et Papa, maman, ma femme et moi
Jacqueline Maillan : Pouic-Pouic, Ah ! les belles bacchantes et Les Veinards
Jean Marais : la trilogie des Fantômas , Le Capitaine Fracasse et Dortoir des grandes
Yves Montand : La Folie des grandeurs
Paul Préboist : Oscar, Hibernatus, Le Gendarme en balade, Sur un arbre perché, La Folie des grandeurs, Jo
Jean Richard : Les Bons Vivants, Les Tortillards, Certains l’aiment froide, Courte Tête, Mon pote le gitan et Candide ou l’Optimisme au XXe siècle
Michel Serrault : Des pissenlits par la racine, Carambolage, Nous irons à Deauville, Ah ! les belles bacchantes, La Belle Américaine

Acteurs ayant joué avec Louis de Funès

Cinéastes ayant tourné avec Louis de Funès

Un sens inné de la danse et de la musique[modifier]
Selon Colette Brosset42, Louis de Funès avait la musique et la danse dans la peau. Sa capacité à assimiler et à servir une chorégraphie était étonnante. Ses arabesques font merveille dans les films comme Ah ! les belles bacchantes, Le Grand Restaurant, L’Homme orchestre ou Les Aventures de Rabbi Jacob. On peut également admirer son talent de pianiste dans les films suivants : Comme un cheveu sur la soupe de Maurice Regamey, Je n’aime que toi, de Pierre Montazel, Frou-Frou, d’Augusto Genina, ou Ah ! les belles bacchantes, de Jean Loubignac (avec Francis Blanche au chant, dans Chanter sous le soleil, des célèbres Bouvart et Ratinet)).
Succès commerciaux[modifier]

Les films dans lesquels a joué Louis de Funès ont attiré plus de 160 millions de spectateurs en France43. Entre 1964 et 1979, sept de ces films sont no 1 (en 1964, 1965, 1966, 1967, 1970, 1973 et 1979) au box-office.
Par ailleurs, en 1967, il joue dans trois films parmi les mieux classés : no 1 avec Les Grandes Vacances, no 2 avec Oscar et no 5 avec Fantômas contre Scotland Yard. La Grande Vadrouille est no 3 aux box-office français : c’est le 5e film qui a cumulé le plus d’entrées en France dans l’histoire du cinéma (après Titanic de James Cameron, Bienvenue chez les Ch’tis de Dany Boon, Blanche-Neige et les Sept Nains de Walt Disney et Intouchables de Olivier Nakache et Éric Toledano).

source Wikipedia

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